Le mouvement paysan camerounais

En Février 1991, nous avions été invité, avec Mamadou CISSOKHO, président de la Fédération des associations paysannes du Sénégal (FONGS), par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) à réaliser une mission de quatre semaines financée par la DDA pour aider cette organisation d’appui à se situer par rapport à la situation nouvelle créée par l’éclosion rapide de fédérations paysannes au Cameroun.

Nous avions rédigé à l’issue de cette mission des notes (« Aperçu sur l’évolution récente du mouvement paysan camerounais ».notes de mission auprès du SAILD, 23 février /21 mars 1991 – 98 pages) qui proposaient une analyse de la situation du mouvement paysan, telle que nous avions pu la percevoir à travers la visite de 6 fédérations et la participation aux travaux des instances de concertation entre fédérations paysannes (Conseils des Fédérations) et entre les fédérations et le SAILD (Comité des programmes), et rappelaient les conclusions tirées avec l’équipe du SAILD sur les conséquences de l’évolution de e mouvement sur les pratiques d’appui.

Exactement deux ans plus tard, nous avons été à nouveau invité, cette fois seul, par le SAILD. Le temps imparti à cette mission était plus court (trois semaines : du 23 janvier au 11 février 1993), et un objectif plus ciblé avait été assigné à cette seconde mission puisqu’il s’agissait notamment d’aider le SAILD à définir les orientations stratégiques de son plan d’action triennal 1993/1996.
Mais bien entendu, avant de dégager ces orientations pour l’avenir, il était nécessaire de faire le point sur les évolutions en cours, et particulièrement celles concernant le mouvement paysan camerounais, ou du moins la partie de ce mouvement qui se développe dans la mouvance des actions d’appui du SAILD.
Le travail réalisé au cours de cette mission se prête à plusieurs niveaux d’exploitation :

C’est le SAILD qu’il va revenir d’exploiter les résultats des ateliers réalisés avec l’ensemble de l’équipe et quatre représentants du Conseil des Fédérations Paysannes du Cameroun (CFPC) et du Fonds Commun d’Appui aux Organisations Paysannes (FOCAOP) (2) et qui portaient sur la définition des orientations du Plan d’action triennal 1993/96 du SAILD.
Il nous a paru cependant utile d’expliciter, à l’intention de l’équipe du SAILD et des représentants paysans qui ont participé à ce travail la méthodologie d’animation utilisée pour faciliter la réflexion interne du SAILD. Nous avons donc rédigé à cet effet une note méthodologique que l’on trouvera annexée au présent document. Les principales caractéristiques de la conduite de cette mission y sont présentées.

Comme en 1991, nous avons choisi de ne pas produire un « rapport de mission », mais de rédiger des notes qui constituent une base d’informations et de réflexion.
Nous les avons orientées selon les deux axes définis par le SAILD pour délimiter les domaines d’intervention de nos missions (3) :
Réflexion sur l’évolution globale du mouvement paysan
Réflexion sur les stratégies et méthodes d’appui du SAILD à ce mouvement.
En ce sens, les présentes notes doivent être lues comme le prolongement des notes rédigées en 1991. Elles prennent appui sur les observations faites il y a deux ans pour mettre en évidence les évolutions significatives apparues depuis 1991.

Bien entendu, la portée de ces observations est indicative : bien des nuances ont nécessairement échappé au cours d’une observation plus rapide que celle il y a deux ans, alors que l’objet principal de l’observation à savoir le mouvement paysan camerounais, a pris entre temps de l’ampleur et nécessiterait plus de temps et de moyens pour être appréhendé de façon fine (en 1991, nous avions pu visiter la moitié des fédérations existantes ; cette année, le même échantillon ne représente plus que le quart des fédérations existantes).
Cependant, il apparaît très vite à l’observateur extérieur que le paysage s’est modifié dans cette relativement courte période, et pas seulement au niveau du nombre des organisations paysannes. Le maître mot des observations faites au cours de cette mission est celui d’évolution :

Nous nous attacherons à mettre en évidence dans la seconde partie de ces notes celles que nus avons remarqué dans les fédérations que nous avons signaler ici que de son côté le SAILD a connu lui aussi des évolutions au cours des deux dernières années : augmentation de la taille de son équipe, restructuration de ses services, création d’antennes décentralisées…
L’aboutissement du travail réalisé avec l’équipe du SAILD tendait également à définir une nouvelle plate forme stratégique permettant de faire évoluer les appuis du SAILD afin qu’ils puissent contribuer à la poursuite d l’évolution du mouvement paysan camerounais. On y reviendra dans la troisième partie.

Mais ces évolutions sot à mettre en perspective avec d’autres évolutions qui englobent le champ d développement des organisations paysannes : la société camerounaise est elle-même profondément prise dans un courant de changement économique, institutionnel, politique qui n’est pas sans conséquences sur le devenir des organisations paysannes, même si celles-ci et leurs partenaires ne parviennent pas à se situer très clairement dans ce contexte environnant. Nous proposerons dans la première partie de ces notes quelques éléments d’analyse de ce contexte qui constitue la « toile de fond » par rapport à laquelle doit être resituée l’analyse actuelle du mouvement paysan et des appuis qui peuvent lui être apportés.
Ces notes se présentent ainsi en trois séries :
NOTES 1 : REFLEXIONS SUR L’EVOLUTION DU CONTEXTE ET SES INCIDENCES SUR LE MOUVEMENT PAYSAN
NOTES 2 : OBSERVATIONS SUR L’EVOLUTION DU MOUVEMENT PAYSAN
NOTES 3 : REFLEXIONS SUR L’EVOLUTION DE L’APPUI AU MOUVMENT PAYSAN
Une NOTE METHODOLOGIQUE est e outre jointe en annexe.

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