Les forêts communautaires du Haut-Nyong contribuent à la réflexion sur la foresterie communautaire

2 millions de FCFA pour renouveler les documents annuels d’exploitation des Forêts communautaires : voilà un des constats faits par les gestionnaires des forêts communautaires du Haut-Nyong au cours de la réflexion.

Il aura fallu pas moins de deux jours aux gestionnaires membres de la fédération des forêts communautaires du Haut-Nyong (FUGIRFOC) pour faire le diagnostic des défis de la foresterie communautaire et proposer des pistes de solution. Les échanges facilités par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) ont été initiés par FUGIRFOC afin d’enrichir la feuille de route de Brazzaville, résultat d’une réunion d’experts ayant pour thème : une foresterie participative plus efficace en Afrique centrale est-elle possible ?

Dans la salle de réunion du siège de FUGIRFOC à Abong Mbang, une vingtaine de gestionnaires des forêts communautaires étaient présents. Ils sont venus de Lomié, Doumé, Dimako, Ngoyla, Angossas, Atok, Mindourou. Ces acteurs de la gestion quotidienne des forêts communautaires ont relevé plusieurs difficultés liées à la foresterie communautaire. Au devant de leurs difficultés, les tracasseries administratives et les multiples contrôles routiers.

En effet, il ressort des échanges des 23 et 24 février derniers que la délivrance des documents annuels d’exploitation est centralisée au ministère en charge des forêts. Ce qui fait intervenir une longue chaine d’acteurs (chef de poste, délégué départemental, délégué régional et enfin Ministre des forêts et de la faune) pour la délivrance d’un seul document, ce qui favorise le rançonnement des gestionnaires des forêts communautaires. Aussi, les contrôles des forces de maintien de l’ordre et agents forestiers et fauniques sont démultipliés sur la route. Par exemple, entre l’arrondissement de Ngoyla dans le département du Haut-Nyong et Yaoundé, il existe une quarantaine de postes de contrôle. L’un des participants à la réflexion souligne, « il faut au moins 600 000 FCFA de rançon des agents commis au contrôle pour faire partir un chargement de bois de Ngoyla pour Yaoundé et un peu plus de 1 200 000FCFA pour rallier un chargement de bois de Dimako à Kousseri » ; il conclut ensuite « il se dit que le bois des FC est l’éléphant du village une fois abattu chacun vient couper sa part». Au-delà de ces difficultés liées à l’accès des forêts communautaires au marché du bois, les gestionnaires présents à Abong Mbang ont entre autres soulevé des griefs relatifs au cadre réglementaire. Ils ont aussi reconnu leurs faibles capacités organisationnelles, techniques et de gestion.

Au terme de la réflexion, des propositions liées au contexte des forêts communautaires du Haut-Nyong ont été faites par les membres présents de FUGIRFOC.

Quelques propositions de FUGIRFOC

A l’issue des deux jours de réflexion, une note de contribution de FUGIRFOC a été élaborée et transmis à la FAO qui conduit la consultation sur la feuille de route de Brazzaville. Celle-ci fait l’économie des défis de la foresterie communautaire tels qu’ils se manifestent dans le Haut-Nyong, ainsi que des propositions d’actions à mener. Quelques unes de ces propositions incluent :

– Formaliser le cadre juridique de gestion des forêts communautaires en mettant sur pieds un arsenal juridique spécifique aux forêts communautaire ;

– Recadrer l’orientation de la foresterie communautaire c’est-à-dire sortir de l’exploitation forestière pour aller à la gestion forestière ;

– Rendre effective la décentralisation (au niveau régional) pour faciliter l’obtention des documents de gestion et ainsi alléger les procédures d’obtention de ces documents ;

– Promouvoir l’informatisation des systèmes de traçabilité du bois (chaîne d’approvisionnement).

– Renforcer l’implication des jeunes, femmes et groupes marginalisés dans la gestion des forêts communautaires ;

– Mettre en place des mécanismes de lutte anti-corruption permettant d’identifier et sanctionner les responsables des taxations informelles qui alourdissent l’investissement des communautés rendant l’activité non viable et augmentant l’illégalité dans la foresterie communautaire.

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