Production de pastèques

‘’Je suis dans la pastèque depuis une vingtaine d’années. Mon père en produisait déjà avant moi et c’est lui qui m’a d’ailleurs initié à cette culture.

 

Par la suite, je me suis formé à la Ferme-Ecole de Bagam dans l’Ouest du pays. Je suis moi-même devenu formateur de ceux qui se lancent dans cette culture simple, mais délicate. J’aime produire la pastèque sur des vieilles jachères.
Après le défrichage et l’abattage, je procède à la préparation du sol un mois avant le lancement de la culture proprement dite. J’utilise la fiente des pondeuses et un engrais chimique pour fertiliser le sol.
Pour la mise en sol de la plante, je procède d’abord par le semis en pépinière avant de transplanter en champ. Mon expérience personnelle m’a permis de constater que cette transition permet d’obtenir de meilleurs résultats. Mes fruits n’ont jamais de concurence sur le marché de Mfoundi ou de Mokolo en terme de qualité ou de grosseur.

Il y a des semences de plusieurs variétés de pastèque, mais je préfère produire la Logone, la Kaolack et la Koloss. Je n’utilise pas la même semence deux fois, je me ravitaille toujours dans les boutiques spécialisées chaque fois que je lance une nouvelle campagne.
Pour assurer ma régularité sur les marchés, je ne sème pas et je ne transplante pas toutes mes semences au même moment. La pastèque est une plante qui a besoin de beaucoup d’eau. Quand je produis en contre-saison, je m’assure que mon système d’irrigation sera à la hauteur. Si cela n’est pas possible, je préfère attendre les pluies.
Irénée Modeste Bidima

Gestion du 1er mois de culture
Une fois que la pastèque est semée ou repiquée, d’autres opérations culturales doivent immédatement prendre le relais, notamment l’arrosage, le paillage, les traitements phytosanitaires, le remplacement des manquants, la fertilisation, le déherbage, le binage.

1- L’arrosage
Il se fait autour de la plante. Il dépend de l’âge de la plante et des conditions climatiques ambiantes. En pleine saison de pluies, on recommande de n’arroser qu’en cas de non pluies après deux jours. En saison sèche, du semis à la sortie des fleurs, il est conseillé d’arroser son champ tous les 2 jours, environ 2 à 3 fois par semaine selon le dégré d’ensoleillement.

2- Le remplacement des manquants et le démariage
Il se fait vers la 3e semaine après le semis. Certaines graines ne germent pas tandis que d’autres plants sont très chétifs. Il faut donc repiquer ou ressemer de la pastèque dans ces poquets. Parfois, on peut retirer des plants robustes dans les poquets où ils ont mieux réussi, en laissant 2 plants robustes par poquet. Laisser les plants grandir encore un peu. Le démariage définitif se fera vers 4-5 semaines en ne laissant qu’un plant robuste par poquet.

3- Le paillage
C’est une opération dont beaucoup de producteurs se passent de plus en plus car elle est assez pénible. Le paillage consiste à recouvrir les interlignes des poquets de pastèque à l’aide d’ herbes mortes pour empêcher ou retarder la poussée des mauvaises herbes et réduire le risque de pourriture des fruits.
La réalisation d’un bon paillage permet donc de conserver de la fraîcheur à la terre et de protéger les fruits qui sont couchés sur une sorte de tapis, et de limiter l’évaporation l’eau et la poussée de mauvaises herbes. Le paillage peut également se faire avec des bâches.
Après 4-5 semaines, on ne laisse qu’un seul plant robuste par poquet

4- Le désherbage
La pastèque n’aime pas les mauvaises herbes. Les mauvaises herbes concurrencent les plants en termes de lumière, espace, nutriments et en particulier d’eau. La prolifération des mauvaises herbes encourage l’apparition des maladies et des parasites. Comme pour la plupart des cultures, les mauvaises herbes doivent être éliminées dés leur apparition. De plus, la pastèque étant une plante rampante, il est difficile de sarcler ou désherber une fois que les herbes sont hautes.
5- Les traitements phytosanitaires
Les traitements phytosanitaires doivent commencer le plus tôt possible et à titre préventif. Il faut traiter toutes les 2 semaines avec un mélange insecticide+fongicide. (Exemple Cypercal+Manèbe). Il faut 1 pulvérisateur de 15 litres pour une parcelle de 400 ou 500 m².

6- Le binage
Au cours du premier mois de la culture, il faut procéder au moins à 1 binage du sol.Le binage est l’opération qui consiste à briser la croûte superficielle du sol afin que le sol soit aéré et que l’eau puisse s’infiltrer facilement jusqu’aux racines de la pastèque.
7- La fertilisation
15 jours après la plantation, on épand un engrais maraîcher 12-14-19+ 5 MgO à raison de 60 g par poquet.

IMB

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