Des producteurs biologiques se sont mobilisés ce samedi 28 juin 2025. C’est au quartier Elig-Essono où des fruits et légumes de qualité, ainsi que d’autres produits biologiques ont été exposés.
Le siège du Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) a servi de cadre à cette troisième édition du marché biologique de Yaoundé. Sur place, les stands érigés présentent aux visiteurs, des fruits et légumes garantis bio. L’on y trouve entre autre tomates, pommes de chine, haricots secs, pommes de terre, miel, carottes, laitues, poireaux, melon, manioc, lapin, avocat, maïs, bananes plantains, verveine, citronnelle, oignons verts, poireaux, navets, morelle noire, fenouils, betterave… A cela s’ajoute quelques espèces animales élevées de manière biologique dont les poissons silures, les poulets de chair et les lapins.
Le point marché est également dédié à la vente des produits transformés biologiques. Parmi
lesquels des boissons thérapeutiques à base de gingembre, d’artémisia, des huiles de cuisson au pistache et au tournesol, des huiles essentielles à base de papaye et de carotte, des gélules au curcuma.
Aux consommateurs qui affluent par vague de faire leurs emplettes. Véronique Keou vient du quartier Dragage. Elle est une adepte de ce marché bio. Dans son panier des légumes et fruits de diverses variétés. « Pour le bio, la distance n’est pas un problème. Je ne regarde pas le prix, mais ce que je gagne. Je profite des occasions comme celle-ci pour me ravitailler en produits sains. Le bio garanti la santé. J’ai compris que le secret se trouve dans ce que je mange », confie-t-elle.


Promouvoir le bio
Pour cette édition, l’objectif est de proposer des produits de qualité plus améliorée. Une
vingtaine de producteurs ont répondu présents. Venus des régions du Centre et de l’Ouest-
Cameroun, leur but est notamment d’écouler les stocks et de promouvoir le biologique. Parmi eux, William Ngouagni venu de Bandjoun (Ouest). «Je suis arrivé avec 30 kilogrammes de haricots secs et j’ai déjà écoulé 10 kg. Sur 10kg de poissons silures, j’ai vendu 06 kg », révèle-t-il. A quelques mètres, Evelyne Boum propose des produits à base du gingembre venus du Centre. Dans ce stand c’est l’effervescence. « Nous faisons essentiellement dans la transformation du gingembre qui contribue dans la beauté et le bien-être. Nous avons une gamme 100% naturelle constituée de jus, sirop, huile de massera à des prix allant de 1.500F CFA à 2.500F CFA. Le marché bio est une fenêtre pour se faire connaître et gagner des clients. Au-delà des ventes, j’ai pu établir des contacts avec les consommateurs », reconnaît la représentante de Mbô Nilamâ.
Cette 3 ème édition du marché bio de Yaoundé mis en œuvre par le SAILD en partenariat avec le Centre Polyvalent de Formation de Bandjoun (CPF) connaît des innovations. « Aujourd’hui nous avons une diversité de produits et ce n’était pas aussi achalandé lors de la dernière
édition. L’autre innovation est essentiellement logistique, nous avons des stands appropriés pour garantir l’hygiène des produits car le bio c’est la qualité. Ça va en droite ligne avec la norme que se fixe le projet « Centre de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et
l’Agroécologie en Afrique » que promeut le PCAC (Pôle de Connaissances de l’Agriculture
Biologique et l’Agroécologie en Afrique Centrale) », a déclaré Marie Pauline Voufo du SAILD.
L’agriculture biologique s’intensifient au Cameroun et se positionnent comme la solution contre une agriculture chimique aux effets néfastes sur la santé. Le marché Bio de Yaoundé a permis de rapprocher les produits biologiques des consommateurs, de faciliter le contact entre producteurs – clients, et de fidéliser les consommateurs de produits biologiques.
- Sharon Maché
L’objectif du marché bio est de montrer à la population de Yaoundé ce que c’est qu’un produit biologique. Elle doit être capable de distinguer les fruits d’une agriculture biologique sans produits chimiques de synthèse ajoutés, de ceux issus d’une agriculture conventionnelle. C’est l’occasion de sensibiliser les consommateurs sur les bienfaits du bio et de les rassurer que ces produits sont effectivement bio et comment y accéder. Car c’est une étape d’un processus mis sur pied avec l’accompagnement d’acteurs, qui va de la production en champ suivant des normes agroécologiques à la conquête des marchés. Pour être précis, le marché bio est un marché témoin de ce qui est fait sur le terrain. Il permet aussi aux producteurs de prendre conscience qu’il y’a un besoin et une demande dans la capitale. Et c’est un cadre où des liens se créent entre les producteurs et les consommateurs.
Hozier Nana Chimi, Secrétaire Général du SAILD.


