Une trentaine d’acteurs clés venue des régions du Nord et de l’Extrême-Nord se sont réunis du 12 et 13 mars 2025 à Maroua, dans le but de comprendre les enjeux du Réseau pour la Promotion de l’Agroécologie au Cameroun (REPAC) et en poser les bases en zone sahélienne.
Le Réseau pour la promotion de l’agroécologie au Cameroun (REPAC) a été créé en novembre 2023 afin de promouvoir et de soutenir le développement de l’agroécologie au Cameroun. La plateforme constituée d’organisations de la société civile dont le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) assure le secrétariat technique, ne cesse de mener des actions à cet effet. L’on note l’organisation du premier Forum Régional sur l’Agroécologie (FORA) en novembre 2024.
C’est afin d’étendre sa visibilité et ses actions dans la partie sahélienne du pays que le
REPAC a tenu un atelier de travail à Maroua. La rencontre ouverte par la délégation régionale de l’agriculture de la région de l’Extrême-Nord a permis de faire connaître aux parties prenantes du Sahel camerounais (régions du Nord et de l’Extrême-Nord), le processus de création du REPAC, ainsi que ses actions majeures formulées au cours du FORA. Y ont pris part les producteurs, les membres d’organisation, les responsables d’administration, la société civile et les médias.
En effet, la création du REPAC fait suite à deux grandes activités. Selon le Chef d’Antenne SAILD-Maroua « tout commence en 2022 avec une analyse de la cartographie des acteurs et des pratiques de l’agroécologie au Cameroun menée par le SAILD. Elle a démontré une évolution en rang dispersé des acteurs de la promotion de l’agroécologie avec pour conséquence, une dispersion des énergies et un mauvais maillage des zones d’intervention », a indiqué Bouba Lomnala. « La même année, l’ONG a conduit une analyse du cadre juridique,
politique et institutionnel de l’agroécologie au Cameroun. Les deux études ont permis de voir les limites de l’agroécologie dans le pays », a expliqué Rodrigue Kouang, coordonnateur du secrétariat technique du REPAC.
Divers enjeux favorables à l’expansion de l’agroécologie
« La plateforme a pour principaux enjeux la promotion et le soutien au développement de l’agroécologie au Cameroun par la collaboration, le plaidoyer, la recherche, la sensibilisation, le partage d’expériences, l’éducation et le soutien aux zones en transition ; le renforcement des capacités de ses membres ; et l’influence des politiques publiques et des acteurs en faveur de l’agroécologie », a-t-il poursuivi.
Les travaux de groupes ont par ailleurs permis d’identifier les domaines prioritaires, les défis
et les besoins des régions du Sahel en matière de promotion de l’agroécologie. Au terme de
l’exercice des idées fortes ont été retenues : la vulgarisation accrue du concept d’agroécologie auprès de la population pour une prise de conscience collective ; l’identification des
débouchés pour les produits agroécologiques ; la production et la diffusion des itinéraires techniques de meilleures pratiques agrécologiques préalablement identifiées ; et le développement des synergies avec les écoles de formation dans les régions du Nord et de
l’Extrême-Nord.
Les participants ont ainsi amorcé l’initiative de la création du REPAC Régional dans la zone sahélienne. Le vice-président du REPAC n’a pas manqué d’encourager les parties prenantes du Sahel à y adhérer en masse. Car pour lui, « en plus de l’autosuffisance alimentaire des petits producteurs, l’autre préoccupation demeure leurs niveaux de revenus », a fait savoir Louis Nkembi. Le REPAC est donc selon lui une occasion pour les agriculteurs de cette partie du pays de s’assurer des revenus stables et justes, malgré les difficultés de production.
- Sharon Maché


