Cacao à Mintom : Vers une gouvernance plus inclusive et équitable

Deux études diagnostiques sur la gouvernance participative et l’identification des axes stratégiques genre des coopératives de cacao, ont été menées du 25 juin au 11 juillet 2026 à Mintom et Ekombité, dans le Sud. Mise en œuvre par le SAILD, cette initiative visait à mettre en lumière les barrières qui excluent encore les groupes marginalisés des sphères de décision.

Promouvoir une gouvernance inclusive et équitable au sien des coopératives de cacao. Voilà le fil conducteur des études menées en juin et juillet 2026 au sein des coopératives de cacao du Sud. La première a porté sur le diagnostic participatif de la gouvernance des coopératives, tandis que la seconde a permis d’identifier les axes stratégiques et d’élaborer des stratégies genre adaptées à chacune d’elle. Deux coopératives du département du Dja-et-Lobo ont été visitées à cet effet, la SOCOCAM COOP-CA (Société Coopérative des Producteurs de Cacao avec conseil d’administration) d’Ekombité et la SCOOPS PROCAM (Société Coopérative Simplifiée des Producteurs de cacao) de Mintom. Dans chacune d’elle, des séances de focus groupe et d’entretien individuel ont été menées afin de recueillir les témoignages des coopérateurs sur l’implication des femmes, des jeunes et des peuples autochtones Baka dans la gestion.

Des inégalités au sein des coopératives

La mission a été conduite par une équipe du Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) accompagné des experts en genre du cabinet « Pluriels Croisés ».
Selon Franck Ndjodo, chef de projet, aucune des deux coopératives ne dispose d’un document genre formalisé. Par ailleurs, l’analyse institutionnelle montre que les principes d’inclusion et d’équité ne sont pas suffisamment pris en compte dans les textes et pratiques de gouvernance propres à ces coopératives. « Ces limites contribuent à maintenir les inégalités observées entre les différentes catégories de membres. À la SOCOCAM, sur 107 adhérents, la trentaine de femmes recensées ne compte que deux représentantes au bureau. Chez SCOOPS PROCAM, une seule femme siège au comité de gestion», a-t-il fait savoir.
Alors que les femmes dénoncent des inégalités d’accès au crédit et à la terre, ainsi qu’une faible représentation dans les instances de décision ; les jeunes déplorent un accès aux postes de responsabilité limité, et la longueur excessive des mandats des dirigeants, qui bloque le renouvellement des instances dirigeantes. Plusieurs représentants Baka ont quant à eux exprimé le sentiment d’être exclus des activités coopératives et des prises de décision. Leur faible niveau d’instruction étant perçu comme un facteur d’exclusion.

Un vent de changement

La mission s’est néanmoins clôturée sur une note d’espoir. Les responsables des coopératives et les membres ont exprimé la volonté de renforcer la représentation des femmes, des jeunes et des peuples autochtones Baka dans les instances de gouvernance. « Nous avons validés d’un commun accord certains axes stratégiques à prendre en compte dans chaque coopérative.
Par exemple l’instauration de quotas de représentation, la formation au leadership, la
promotion d’un dialogue interculturel entre Bantous et Baka, et l’élaboration d’une politique genre », a confié le chef de projet. Ces études ont permis de percevoir au sein des coopératives de cacao, l’engagement véritable des responsables, et le réel intérêt des jeunes pour les activités de la filière cacao.

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