Coopératives de cacao du Sud : Le SAILD dévoile des stratégies d’intégration des femmes et des Baka

A la suite des recherches menées dans deux coopératives de cacao dans le Dja-et-Lobo, sur le diagnostic participatif de la gouvernance des coopératives et les axes stratégiques de genre ; le SAILD a organisé un atelier de restitution des résultats de ces études le 24 août 2026 à Mintom, dans le Sud.

Le constat est sans appel : malgré leur rôle majeur dans la production cacaoyère, les femmes, et les peuples autochtones Baka restent en marge de la gouvernance. Avec une faible représentation dans les instances de décision, et l’existence de normes sociales, culturelles et organisationnelles qui limitent leur pleine participation à la vie coopérative. C’est un bref résumé extrait des résultats des recherches sur la gouvernance participative et l’identification des axes stratégiques genre qui ont été menés au sein de deux coopératives de cacao de la région du Sud. Il s’agit de la SOCOCAM COOP-CA (Société Coopérative des Producteurs de Cacao avec conseil d’administration) d’Ekombité et de la SCOOPS PROCAM (Société Coopérative Simplifiée des Producteurs de cacao) de Mintom.

La rencontre du 24 août 2026, organisée par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) avait pour objectif de rendre public les résultats de ces études. Selon les données partagées par le chef de projet, ces coopératives présentent un niveau global de gouvernance jugé satisfaisant par leurs membres. « La SOCOCAM enregistre un score de gouvernance de 58% sur 110 membres tandis que la SCOOPS-PROCAM qui compte 167 membres, enregistre 64% », a fait savoir Franck Ndjodo. Néanmoins, des limites ont été observées. Selon l’analyse du niveau d’inclusion, les femmes et les Baka sont mis à l’écart au sein des coopératives. Ils rencontrent des difficultés d’expression et de participation dans les
processus décisionnels. « Les femmes représentent 33% des producteurs enquêtés à
SOCOCAM et 27% à SCOOPS-PROCAM, mais leur participation n’est pas effective dans les instances de décision. Les Baka de leur côté ont une très faible représentation ; soit 2,7 % à SOCOCAM et 2,8 % à SCOOPS-PROCAM, contre plus de 97% de producteurs bantous », a déploré Franck.

Des axes stratégiques basés sur l’équité et l’inclusion

Pour inverser cette tendance, une stratégie genre a été élaborée pour chaque structure. « Les nouvelles feuilles de route de SOCOCAM et SCOOPS-PROCAM s’articulent autour de six axes stratégiques basés sur l’équité. Elles ciblent en priorité le leadership féminin via un accès facilité au crédit et à la terre. Un accent particulier est mis sur l’autonomisation économique des femmes et la lutte contre les violences basées sur le genre. Pour l’inclusion des Baka, nous avons opté pour la mise à disposition d’interprètes, des outils bilingues et des rencontres dédiées afin de faciliter la circulation et la compréhension des informations auprès des membres Baka », a détaillé le chef de projet. Face à ces résultats, l’Office National du Cacao et du Café (ONCC) présent à cet atelier préconise une implication accrue et visible des femmes à tous les échelons de la chaîne de valeur du cacao, de la récolte à la vente.

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