Le SAILD a organisé en collaboration avec le REPAPSSAV, un dialogue de haut niveau avec les parlementaires. L’évènement tenu le 22 mai 2026, à l’hôtel des députés à Yaoundé avait pour but de trouver des pistes de solutions pour le financement durable de la vaccination au Cameroun.
130 milliards de Francs CFA, c’est la somme que le Cameroun devra mobiliser d’ici 2030 pour éviter une crise de vaccination future. Au-delà des chiffres, ce coût est une préoccupation nationale pour satisfaire les besoins en santé de la population. Pour l’heure, il est question de développer des mécanismes pouvant contribuer à mobiliser cette somme d’argent. C’est à cet effet qu’une quinzaine de parlementaires aux côtés des acteurs de la société civiles, des représentants des institutions gouvernementales et des partenaires techniques et financiers se sont réunis ce 22 mai 2026. L’hôtel des députés a servi de cadre à cette rencontre autour du financement durable de la vaccination au Cameroun. L’évènement organisé par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) en collaboration avec le Réseau des Parlementaires pour la Promotion du Système de Santé et l’Appui à la Vaccination (REPAPSSAV) revêt des enjeux biens définis lors des échanges.
Autour de la table, les discussions étaient orientées sur la situation actuelle du financement de la vaccination au Cameroun, les mécanismes de financement durable et le rôle des parlementaires dans le processus enclenché vers le financement durable de la vaccination. Selon Leonel Onana, expert en financement de la santé, la vaccination doit devenir une priorité au Cameroun. « Le pays s’est engagé à investir au moins 15% du budget national dans la santé d’après la convention d’Abuja. Mais nous avons régressé au cours des années. D’après les rapports annuels du PEV, sa part domestique dans le programme élargie de vaccination (PEV) est passée de 34,8% en 2021 à 14,5% en 2024. La majorité est assurée par les financements externes qui prendront fin d’ici quelques années. Les recherches montrent que le Gap est important, et les délais sont courts. Il faut résolument que le Cameroun prenne en main la question de financement de sa vaccination», a-t-il expliqué.
Prévenir via les vaccins pour réduire les dépenses de prise en charge
Les parties prenantes ressortent de cet atelier mieux outillées et engagées pour plaider en faveur du financement durable de la vaccination au Cameroun. Parmi les participants, Joseph Wato, président de la Coalition des Organisations de la Société Civile pour le Financement de la Santé et la Couverture Santé Universelle (COFIS-CSU). Pour lui, la vaccination n’est pas une dépense mais un investissement. « Le gouvernement fait des efforts mais ils sont insuffisants au regard de l’état des lieux dressé lors des présentations. Pour nous en tant que société civile c’est un problème. Nous voulons que l’Etat investisse plus dans les questions de santé des populations. Si on arrive à mieux prévenir certaines maladies à travers les vaccins, on ne dépensera plus trop dans la prise en charge», a souligné Joseph.
Cependant, pour les experts, investir dans ce domaine demande des mécanismes très poussés. L’Honorable Ngo Issi épouse Mbock, Secrétaire générale du REPAPSSAV partage quelques propositions. « Nous sortons de l’atelier avec des données qui nous permettront d’amener le gouvernement à assurer ses engagements pour que le circuit de vaccination ne soit pas en crise. Nous pensons mener des plaidoyers avec des propositions d’actions concrètes. Par exemple faire des prélèvements dans des secteurs stratégiques afin de mettre en place un fonds spécial pour pallier au problème de financement de la vaccination dans le futur. Nous avons commencé à travailler dans ce sens-là, notamment en vue d’élaborer un cadre normatif approprié, c’est-à-dire une loi qui encadre la vaccination au Cameroun afin de disposer à terme d’un système de santé plus crédible et de mieux protéger nos populations en particulier les enfants», a-t-elle rassuré. Les parlementaires présents ont pour leur part pris conscience des enjeux liés au financement de la vaccination et se sont engagés à porter cette question au plus haut niveau. La prochaine rencontre consacrée à l’identification et à l’étude des mécanismes de financement de la vaccination se tiendra dans les semaines à venir.
- Sharon Maché

