La région de la partie septentrionale du Cameroun a servi de cadre à la formation de nombreux producteurs sur des pratiques agroécologiques. L’activité menée par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD), s’est tenue du 21 au 31 mai 2025.
Production du compost de 03 mois, fabrication du biopestifuge à base de neem, fabrication de la pierre à lèche, des antibiotiques aux petits piments, de déparasitant à base de plantes, de vermifuge aux feuilles de papayer ; ainsi que la préparation des repas équilibrés à base de soja et le dépistage de la malnutrition chez les enfants de 6 à 59 mois sont les principaux modules abordés durant une dizaine de jours de formation à Maroua, Bankara et Koutouloum dans l’Extrême-Nord.
Elle a vu la participation de 40 producteurs dont 17 femmes, venus de diverses localités de la région ciblée. Parmi lesquelles Hoppo, Badjava, Matfia et Mouda. « Les enseignements à la fois théoriques et pratiques visaient à renforcer les capacités techniques des bénéficiaires en pratiques agroécologiques spécifiques à la production agricole, à l’élevage et à la nutrition», affirme Bouba, Chef d’antenne SAILD-Maroua.
Afin de facilité l’apprentissage, les formateurs ont opté pour la méthode 4M (montrer, manipuler, mémoriser, mettre en pratique) et l’andragogie : « L’idée était aussi de les former sur des techniques d’animation participatives et interactives devant leurs permettre de faire la diffusion au niveau communautaire. Il ne s’agissait pas seulement de leurs montrer comment faire, mais comment faire-faire », explique Simplice Kenne Tiotsap, Responsable du suivi-évaluation.


Des participants outillés
Le principal défi étant que ces producteurs puissent en retour diffuser les connaissances acquises autour d’eux sur le plan local. « Cette initiative vise à : faire face à la dégradation avancée des terres agricoles victimes des pratiques conventionnelles ; à la variation de plus en plus imprévisible du climat, notamment l’irrégularité des pluies favorisant les attaques des cultures par des ravageurs ; promouvoir des élevages plus productifs et enfin détecter et traiter les cas de malnutrition», a-t-il révélé.
Ces approches innovantes ont été fortement appréciées des apprenants. Michel Mitna, l’un des producteurs modèles spécialisé en production agricole confie « la formation m’a permis de redécouvrir l’importance de l’agroécologie. J’ai amélioré ma façon de formuler les fertilisants et les traitements à base des plantes naturelles. Grâce à la visite guidée dans une exploitation à Bankara j’ai pu mieux percevoir les avantages d’une banque de semence pour nos communautés. Aujourd’hui je suis capable de bien transmettre cela aux autres», avoue-t-il avec joie.
Les producteurs capacités ont ainsi débuté la transition vers le statut de réplicateur. « Afin qu’ils puissent facilement répliquer, nous prévoyons de leur fournir un appui technique et matériel (kit de semences, du matériel et d’équipements spécifiques aux pratiques agroécologiques) tout au long du second semestre 2025», confie le chef d’antenne SAILD-Maroua.
- Sharon Maché


