Une vingtaine d’organisations de la société civile se sont réunies ce 30 janvier 2025 à l’occasion d’un atelier organisé par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) à Mbalmayo, dans le centre Cameroun.
« Redevabilité verte, pour le renforcement de l’implication des OSC (Organisations de la
Société Civile) et des PACL (Peuples autochtones et Communautés Locales) pour une plus grande responsabilité et transparence dans les politiques et programmes climatiques au Cameroun » est un nouveau projet en cours au SAILD depuis Octobre 2024. L’ONG a rendu l’initiative publique au cours de l’atelier de lancement tenu le 30 janvier dernier.
Y ont pris part une vingtaine d’OSC, les médias, les administrations et organismes gouvernementaux. Ainsi que les organisations internationales dont WRI (World Ressources Institute), qui a subventionné le projet. « Au vu des grandes crises climatiques qui frappent le monde, nous nous sommes rendus compte que dans les politiques qui sont en cours d’élaboration dans de nombreux pays, la place de la société civile est prévue mais pas effective dans la mise en œuvre. C’est pourquoi avec ce financement nous avons voulu mobiliser les OSC et les PACL à être mieux impliqués dans les processus et à collaborer avec les administrations en ce qui concerne les politiques climatiques », a déclaré Duclaire Mbouna, Coordonnateur national WRI.
La société civile demeure indispensable
Par ailleurs l’atelier a permis aux parties prenantes d’analyser le niveau d’implication des OSC dans l’élaboration et la mise en œuvre du Plan National d’Adaptation aux Changements Climatiques du Cameroun (PNACC) et de la Contribution Déterminée au Niveau National (CDN). Deux documents stratégiques élaborés par le Cameroun afin de facilité l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation de sa population aux effets des changements climatiques. « Nous insistons sur l’implication de la société civile car elle sert le plus souvent d’interface entre les administrations, les communautés locales et les peuples autochtones. Les acteurs des OSC maîtrisent au mieux les problèmes auxquels les communautés font face au quotidien et ils peuvent les porter vers l’administration pour qu’elle sache exactement comment diriger les flux de financement pour atteindre les personnes qui en ont le plus besoin », a fait savoir Duclaire Mbouna.
Ce projet mis en œuvre par trois organisations camerounaises, notamment le SAILD, FLAG (Field Legality Advisory Group) et GDA (Green Development Advocates) dans le département du Mbam-et-Kim, Centre Cameroun s’étend sur 12 mois. Pour Clarisse Fombana, Chef de projet en service au SAILD, les objectifs sont clairs : « Nous allons évaluer la mise en œuvre des actions climatiques sur le terrain au niveau des communautés locales et continuer la consultation avec les OSC afin de mettre en place une plateforme de discussion qui facilitera les échanges afin d’accroître l’implication des OSC dans la redevabilité et la transparence climatique tout en intégrant le point de vue des PACL ».
- Sharon Maché
« Travailler avec la société civile et les communautés est très important pour l’accord de Paris » ; Timothée Kagonbe, coordonnateur national CDN (Contribution Déterminée au Niveau National) au Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et Développement Durable.
La transparence occupe une place de choix dans la mise en œuvre de l’accord de Paris. Nos activités doivent prendre en compte toutes les parties prenantes à savoir la société civile, l’aspect genre, les populations locales etc…Car c’est sur cette base qu’une évaluation est faite. Et aujourd’hui le Cameroun souhaite appliquer cela dans un projet en cours sur le renforcement des capacités dans l’implémentation de la transparence. Par exemple dans ce projet il nous est imposé d’introduire l’aspect genre avec minimum 30% de femmes, c’est la
même chose pour les communautés locales.
Le projet « Redevabilité Verte » qui souhaite renforcer la transparence ne veut pas dire qu’il
n’y en a pas. La transparence elle est là. La preuve est que nous travaillons avec la société
civile depuis longtemps. Peut-être que l’implication n’est pas suffisante selon la société civile et c’est tout à fait normal. Car les organisations de la société civile sont très nombreuses au Cameroun. Il va falloir qu’elles s’organisent en réseau pour que leur implication soit
perceptible.
L’accord de Paris exige également que les PACL soient pris en considération dans l’élaboration des documents. Et c’est une obligation si nous voulons que nos travaux soient reconnus sur le plan international sur la base de l’article 13 de l’accord de Paris qui parle de la transparence. Par exemple dans le cadre de la révision de la 2ème CDN, nous avons mené des consultations qui nous ont permis de relever les problèmes que rencontrent les communautés dans leurs localités et connaître les projets qui seront bénéfiques pour eux. Beaucoup de projets sont venus de ces localités. Voilà comment les PACL interviennent. Et notre souhait est de continuer dans ce sens afin que la participation de toutes les parties prenantes soit effective.


