Le 15 octobre 2025 est marquée par la commémoration de la journée mondiale de la femme rurale. En cette occasion, le SAILD s’est rendu auprès des femmes rurales qui contribuent fortement à l’économie locale dans le département de la Lékié, région du centre.
Nkom-Ndamba est un petit village situé dans la localité d’Obala dans la région du centre.
Situé à une trentaine de kilomètres du centre-ville de Yaoundé, l’agriculture et l’élevage sont les principales activités économiques qu’exercent les femmes.
En cette journée du 15 octobre 2025, journée commémorative de la femme rurale, Madame
Abouna Alima, ruralement habillée, assure le contrôle des cabosses et l’entretien de sa
cacaoyère. Originaire de Foumban dans la région de l’Ouest, madame Abouna ne s’est pas beaucoup familiarisée au travail de la terre. «J’ai grandi dans une famille où les femmes ne travaillent pas beaucoup. Mais vivant à Yaoundé, j’ai rencontré et épousé un homme, un cacaoculteur. C’est à ses côtés que j’ai appris à faire les champs», confie-t-elle avec fierté.
Propriétaire de plusieurs hectares de terre, Mme Abouna en utilise pour pratiquer l’élevage des porcs, des poissons et des hérissons. Elle mise également sur les cultures telles que le maïs, le plantain, l’igname, le macabo, la papaye et le cacao. Des spéculations qu’elle produit avec l’appui de son mari.
Le changement climatique, un frein
״Femmes rurales face aux défis des changements climatiques et l’accès aux ressources productives״, est le thème choisi pour l’édition 2025 de la journée mondiale de la femme
rurale. A Nkom-Ndamba, Mme Abouna Alima, incarne la véritable femme rurale. La journée de la femme rurale, elle dit là célébrer mais à sa manière.
Malgré des journées parfois difficiles, Alima a de quoi se réjouir. «Je vois les bienfaits de mon dur travail. Les dernières récoltes étaient tellement fructueuses. Le champ et l’élevage me permettent de subvenir largement aux besoins de ma famille. Construire des maisons, envoyer les enfants à l’école, organiser des cérémonies. Le champ comble vraiment tous mes besoins surtout avec une bonne gérance de mes gains », rassure la jeune dame.
Le changement climatique évoqué par le thème de la 30ème édition de la journée mondiale de la femme rurale est révélateur. Mme Abouna Alima vit cela au fil du temps. « Le changement climatique est très difficile à vivre pour nous en milieu rural. Au moment où nous mettons les plants sous terre, on attend la pluie mais en vain, ce qui fait défaut. Nous ne savons pas encore comment y faire face, mais nous ne pouvons que persévérer dans nos cultures», déplore-t-elle.
La petite transformation artisanale
Non loin de Mme Abouna, Félicité Nga Ndzana est réputée dans la transformation du manioc.
Elle produit de bons bâtons de manioc selon les dires. Assisse dans sa cour, elle apprête avec
soin le manioc destiné à la transformation. «Je fais de petites quantités de bâtons de manioc qui peuvent me rapporter près de 20.000F CFA sur une ou deux semaines. Avec le manioc que j’essore actuellement, je compte faire deux filets de 200 bâtons», précise-t-elle.
Pour écouler sa production, Félicité rejoints les marchés de Mokolo, Etoudi ou Messassi dans la ville de Yaoundé. «Quand des particuliers viennent acheter pour des évènements, je peux leur laisser le filet à 8.000F CFA. Au cas contraire je vends en détail de 100 à 200F CFA l’un selon la grosseur», fait-elle savoir. Félicité rencontre toutefois quelques problèmes dans son activité. Selon elle, les clients veulent acheter les bâtons à vile prix. Ils ne tiennent pas compte des efforts fournis derrière. Toutefois, à Nkom-Ndamba, la femme rurale active et travailleuse est le pilier de la sécurité alimentaire et la mère de l’économie locale.
- Sharon Maché


