Du 03 au 12 Décembre 2025, les populations des villages Hona, Mansa et Kombocassi de la région de l’Est-Cameroun ont bénéficié de l’accompagnement de l’ONG SAILD pour le suivi technique de leurs exploitations agroécologiques.
Le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) a passé 10 jours auprès des bénéficiaires du projet « Restauration participative du paysage forestier du Parc National de Deng Deng« . L’objectif était d’assurer le suivi technique des activités de production agroécologique et de production des plants d’arbres dans les pépinières des villages Kambo-cassi, Hona et Mansa dans l’arrondissement de Belabo à l’Est-Cameroun.
La visite des exploitations agroécologiques de chaque bénéficiaire a permis d’évaluer l’efficacité des techniques agroécologiques appliquées en champs. Selon Aristide Tchounkeu, Chef de mission, l’adoption des pratiques agroécologiques est progressive dans les trois villages bénéficiaires. « Les récoltes obtenues témoignent d’une amélioration significative des techniques de production. Malgré un faible taux d’utilisation des intrants comme le bio-insecticide et le biofertilisant, on note une forte mise en pratique des associations culturales, notamment avec le maïs, le haricot, l’arachide et le manioc. Par exemple sur 90 ménages ayant reçus chacun 02 Kg de semences de haricot, 80% les ont semé. A la récolte, chaque bénéficiaire a obtenus en moyenne 15kg de haricot », déclare-t-il.
Des bénéficiaires plus engagés
Les récoltes globalement satisfaisantes, en particulier pour le haricot, le maïs et le manioc sont très appréciées par les ménages. Thérèse Adawa, une productrice du village Hona s’en est réjouie : «Nous avons mis en terre pour la première fois le haricot et nous sommes contents. Les feuilles de mon haricot se sont mises à jaunir, j’ai pulvérisé le biofertilisant à base de Tithonia et après une semaine, elles sont redevenues vertes. Aujourd’hui, nous consommons le haricot, alors qu’il y a quelques mois c’était un luxe. La saison prochaine, nous produirons du haricot sur une plus grande surface. Les plants de manioc quant à eux se développent très bien dans les champs. Nous récoltons déjà les feuilles pour la préparation des repas», avoue-t-elle.
Cette mission était également l’occasion de contrôler l’avancée des pépinières d’arbres forestiers et fruitiers. «Dans les villages, nous avons constaté que les pépinières étaient dans un état de dégradation avancé. Face à cette situation, nous nous sommes organisés en petits groupes afin de procéder à leur réhabilitation», fait savoir Jerry Atontsa, membre de l’équipe projet. Par ailleurs, les producteurs ont eu droits à des séances de travail et d’échanges directs durant lesquelles ils ont reçu des conseils pratique en agroécologie, et des solutions face aux difficultés qu’ils rencontrent notamment pour la protection des champs contre les feux de brousse et la gestion durable des terres sans épuisement des sols.
Au regard des résultats positifs, de nombreux producteurs sont désormais convaincus de l’efficacité des intrants fabriqué à base des feuilles de Tithonia et du purin de piment pour fertiliser le sol et lutter contre la chenille légionnaire. Ils expriment également leur satisfaction pour l’agroforesterie qui permettra de restaurer le couvert forestier dégradé dans les villages en contribuant à la sécurité alimentaire des ménages. Ils souhaitent que le SAILD poursuive et renforce les actions engagées, dont l’introduction d’autres techniques agroécologiques adaptées à différentes cultures.
- Sharon Maché

