L’agroforesterie se dessine à Belabo.

Avocatier, manguier, mandarinier, bitter cola, palmier à huile, mango sont entre autres les plants d’arbres fruitiers et forestiers transplantés dans les exploitations agricoles à Mansa, Hona et Kombo-Cassi dans l’arrondissement de Belabo à l’Est-Cameroun. L’activité conduite par le SAILD s’est tenue du 27 avril au 05 mai 2026.

L’horloge affiche 9h ce lundi 27 avril 2026 à Kombo-Cassi. L’activité villageoise suit son cours habituel jusqu’à l’arrivée de l’équipe technique du Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD). Les habitants interpellés, font leur apparition par petits groupes. Les plus avisés sont munis des kits agricoles distribués lors des précédentes missions. Bottes de protection, gants, et plantoirs sont désormais les nouveaux attributs de ces anciens chasseurs. Alfred Ahila, est un bénéficiaire dans ce village. «Avant je vivais principalement de la chasse», lance-t-il. Le visage luisant sous les doux rayons du soleil, il avance à pas de soldat vers sa plantation situé à plus de 05 km de la chefferie du village. Il y conduit l’équipe du SAILD avec une charge dit-il, précieuse. « Ce sont plus de 50 plants de cacaoyers, safoutiers, mandariniers, avocatiers et palmier à huile que j’ai reçu pour le planting dans mes champs », fait-il savoir.

L’agroforesterie assure la retraite

L’agriculteur âgé de 38 ans est papa de 08 enfants, qu’il a sous sa charge. Il possède plus de deux hectares de terre qu’il exploite au service de la restauration. «Avec l’interdiction de mener des activités dans le parc j’étais désespéré. Grâce à l’initiative du SAILD, J’ai appris à faire l’agroécologie et l’agroforesterie. Je possède aujourd’hui des champs de banane plantain, de macabo, de manioc et de cacao qui me permettent de subvenir aux besoins de ma famille. En plus, l’appui en plants d’arbres que j’ai reçu va me permettre de restaurer l’écosystème dans mes champs pour de meilleurs rendements», reconnait-il. « Même dans ma vieillesse, les fruits de ces arbres vont me permettre de vivre. Je pourrais dire à mes enfants ou mes petits fils, d’aller les cueillir pour vendre», conclu-t-il avec enthousiasme.

Les villages Hona et Mansa se dressent à quelques kilomètres de Kambo-Cassi. Les trois localités de l’arrondissement de Belabo, riveraines au Parc National de Deng Deng (PNDD) sont toutes ciblées par le projet. Une variété de plants d’arbres fruitiers et forestiers divers a été distribuée aux communautés afin de restaurer le couvert forestier dégradé par l’action de l’homme. Une centaine de ménage des trois villages ont reçu les plants d’arbres de la part du SAILD.  Madeleine Mbé, est une orpheline de père et de mère à Mansa. Son engagement pour l’agriculture durable et son statut de présidente des jeunes filles du village, font d’elle un exemple pour les communautés. « Mes parents nous ont laissé 10 hectares de terre que nous travaillons depuis leur décès. L’école m’a dépassé et j’ai préféré me concentrer sur le travail de la terre. Avant l’arrivée du projet je pensais qu’il fallait absolument abattre les arbres pour faire les champs. Mais j’ai compris qu’il faut plutôt planter. Je suis fière d’associer les arbres fruitiers aux cultures que j’ai en champs. J’ai appris comment faire les pépinières des plants d’arbres, le planting et faire le suivi post semi. J’exhorte mes frères à rentrer dans l’agriculture et se lancer dans l’agroforesterie», affirme-t-elle avec détermination.

Un levier de restauration

Pour cette activité, l’organisation a dépêché Aristide Tchounkeu, ingénieur agronome chef de projet ; et Jerry Atontsa, ingénieur des eaux et forêts assistant forestier. Durant une dizaine de jours, ces hommes de terrain, ont accompagné les populations au planting des plants d’arbres fruitiers et forestiers dans chacune de leurs exploitations agricoles. L’activité inscrite dans le cadre du projet « Restauration participative du paysage forestier du PNDD», avec le financement de la Coopération allemande GIZ a débuté il y’a quelques mois. Avec notamment la formation des bénéficiaires aux techniques de production des plants en pépinière et l’’installation de trois pépinières villageoises dans les trois localités. L’agroforesterie s’inscrit alors comme l’un des leviers de restauration des paysages forestiers dégradés dans l’arrondissement de Belabo.

Partagez l'article sur

Facebook
LinkedIn
Twitter
Email
WhatsApp

Laisser un commentaire

Voir également

Triez par catégories

Partagez les articles

Accédez à notre newsletter

Et recevez continuellement et en exclusivité dans votre boite mail, les actualités du SAILD

NEWSLETTER

Abonnez-vous  et recevez gratuitement et en exclusivité dans votre boite mail, toutes les informations et activités du saild