Le SAILD a présenté ses activités menées dans le secteur forestier les 10 dernières années, au personnel du Ministère des Forêts et de la Faune, région de l’Est. C’était au cours d’une séance de travail entre les deux institutions, tenu du 08 au 09 juillet 2026 à l’Est.
Depuis 2016, les actions du SAILD en faveur de la restauration des paysages forestiers dégradées n’ont cessé de s’intensifier au Cameroun. Cette année encore l’organisation a travaillé dans les villages riverains au Parc National de Deng Deng (PNDD), dans le département du Lom-et-Djérem. Dont Hona, Mansa et Kombocassi ; dans le cadre du projet « Restauration participative du paysage forestier dégradé du PNDD», avec le financement de la Coopération allemande GIZ.
Il était question pour l’ONG de restaurer 30 hectares de terre dégradé. Pour ce faire, il a formé les populations bénéficiaires aux techniques de production durable à savoir l’agroécologie et l’agroforesterie, afin d’améliorer leur niveau de vie et protéger l’environnement. L’expérience acquise à travers ses multiples déploiements dans le secteur forestier dont ce dernier cas, a été partagé lors de ce séjour dans la région de l’Est, en compagnie du délégué régional du Ministère des forêts et de la faune (MINFOF). Cette articulation était au cœur de la première journée qui a réuni une dizaine de personnes à Bertoua. Parmi lesquels deux directeurs et un cadre du MINFOF envoyés par le ministre et le personnel du SAILD.
Pour Aristide Tchounkeu, cadre au SAILD, les échanges ont permis à leurs homologues de mieux comprendre les objectifs et les motivations des activités de l’ONG. « Les agents du MINFOF ont compris qu’en réalité nous ne menons aucune activité dans le parc, donc il n’y a aucun doute d’une exploitation illégale. Mais nous travaillons avec les populations riveraines, les formons à l’agriculture durable pour améliorer leur niveau de vie. Cet accompagnement leur permet de ne plus entrer dans le parc pour chasser ou pour chercher les produits forestiers non ligneux, et le parc est épargné de l’action de l’homme », a-t-il expliqué.
Des impacts moral et environnemental
Cependant, comment est-ce que l’agriculture durable contribue-t-elle à préserver le parc ?
C’est la question assez préoccupante qui a été soulevé par le MINFOF durant les échanges. Le SAILD pour sa part a révélé les enjeux derrières ses actions qui semblent minimes. « Nous sensibilisons également les populations sur les dangers des feux de brousse, et l’usage des engrais chimiques. Ces actions très pratiquées auparavant se sont avérés dangereuses pour le couvert forestier. L’autre objectif est de les rendre sédentaire. Nous avons travaillé à ce qu’ils n’agrandissent plus les champs n’importe comment en abattant les arbres de la forêt, mais qu’ils produisent sur le même espace pendant longtemps. Et toutes ces actions permettent que le parc soit en sécurité dans une certaine mesure », a fait savoir Aristide.
La deuxième journée quant à elle, était marquée par les visites des exploitations des bénéficiaires, afin de voir concrètement les résultats des activités menées par le SAILD. En prélude à ces descentes, une réunion s’est tenue dans les salles communautaires dans chacun des villages. Les populations ont à l’unanimité exprimée leur reconnaissance pour ce projet.
Papa Roger Abbo, un octogénaire du village Hona, n’a pas manqué de témoigner. « Il y’a un changement moral dans le village grâce aux actions du SAILD. Aujourd’hui, les jeunes comme les vieux, les femmes et les adultes se mobilisent au village pour faire l’agriculture comme le SAILD a appris. Tous ont pris conscience qu’il n’y a pas que la chasse qui peut apporter des revenus, mais aussi l’agriculture si on s’investit pleinement », a-t-il avoué.
Conscient des impacts du travail du SAILD sur les communautés et sur l’environnement, le personnel du MINFOF présent a exprimé son soutien pour la rédaction des projets avec l’ONG, ainsi que la recherche des financements nécessaires pour continuer les activités de restauration dans les autres villages périphériques au PNDD.
- Sharon Maché


