C’est l’essentiel du message qu’à véhiculé le SAILD aux communautés des villages Mansa, Hona et Kambocassi de l’arrondissement de Belabo, région de l’Est-Cameroun. C’était du 12 au 18 janvier 2026 au cours des rencontres communautaires organisés dans ces localités.
La mission du Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) dans cette région du soleil levant consistait à partager les résultats des recherches menées en août 2025, sur la Valeur Économique Totale (VET) de certaines ressources naturelles à usage cosmétique provenant du Parc National de Deng Deng avec les communautés de trois villages riverains, notamment Hona, Mansa et Kambocassi. Il s’agit notamment du Moringa, l’Okan, le Moabi et le Karité ; afin de documenter les savoirs locaux et évaluer la valeur économique de ces plantes.
Les résultats indiquent que les biens et services environnementaux détiennent un fort potentiel économique intégrant usages directs, indirects et non usages. Par exemple, le litre d’huile de Moringa et de karité coûtent respectivement 2250 FCFA et 4475 FCFA dans les localités de l’enquête. Tandis que le Moabi et l’Okan ont une valeur économique annuelle estimée à 7 162 531,7 FCFA. Durant une semaine, le SAILD a rendu public ces résultats à travers des rencontres communautaires dans les localités ciblés dans le cadre du projet «Cosmétopée du bassin du Congo. De la tradition à la modernité : Une offre de médiation des savoirs endogènes et exogènes dans une démarche d’intelligence économique », porté par le SAILD grâce à un financement du Fonds de dotation Cosmetic Valley (édition 2024).
Promouvoir une exploitation responsable
Les populations ont réservé un accueil chaleureux à l’équipe du SAILD et ont suivi avec attention les présentations qui se sont révélées enrichissantes et bénéfiques pour elles. « Les discussions nous ont permis de découvrir les multiples valeurs d’une plante à usage cosmétique, notamment les bienfaits de ces plantes, que ce soit à travers son utilisation directe lors de la récolte ou à travers sa vente après transformation. Nous avons aussi compris l’importance des pratiques telles que l’agroforesterie, qui combine les plantes à usage cosmétique avec d’autres cultures, pour une exploitation plus durable et plus rentable », a confié le chef du village Kombocassi.
Parallèlement, une exposition communautaire mettant en lumière les plantes, leurs photos et leurs usages traditionnels a été organisée dans chaque village. Elle a permis aux communautés d’émettre des avis, d’identifier les plantes éventuellement manquantes et d’enrichir les connaissances déjà recueillies. Les principales préoccupations concernaient le manque de connaissance sur les techniques de transformation des plantes en produits cosmétiques, ainsi que le manque de financement pour la culture et la valorisation de ces plantes à usage cosmétique. Ces questions ont mis en évidence les besoins des populations locales en matière de formation, de soutien technique et de ressources financières pour développer une filière cosmétique locale durable et bénéfique pour les communautés. Il convient donc d’élaborer des stratégies de développement adaptées aux besoins des populations locales afin de contribuer à promouvoir une exploitation responsable et durable des ressources naturelles du Bassin du Congo.
- Sharon Maché
- Joel Bela


