Le SAILD, l’IRAD et les producteurs de la coopérative SCOOPMAN de Mbalmayo mènent depuis Septembre 2025, une expérimentation des pratiques agroécologiques en champs paysans à Mbalmayo et à Nkolbisson dans le Centre-Cameroun. C’est dans cette optique qu’ils ont effectué des visites dans ces parcelles-tests les 14 et 17 Novembre derniers.
Le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) et l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD) entendent promouvoir les pratiques agroécologiques performantes et adaptées à la production des cultures et la restauration de la fertilité des sols en milieu rural. Ceci dans le cadre du projet de « Mise à l’échelle des pratiques agroécologiques en zone rurale au Cameroun à travers l’expérimentation en champs paysans. Afin de garantir une approche participative de l’expérimentation, quelques producteurs locaux ont été impliqués dans les différentes activités (choix du site, préparation du terrain, préparation et application des fertilisants, collecte de données agronomiques, entretien des cultures…).
Les localités de Mbalmayo et Nkolbisson dans la région du Centre, ont été choisies pour abriter les sites d’expérimentation du projet. Soit une parcelle d’environ 200 mètres carrés chacune ; principalement utilisée pour la culture du maïs. « Il s’agit du maïs de variété CMS 9015, sur laquelle on expérimente plusieurs méthodes de fertilisation naturelle. Le choix a été porté sur le maïs en raison de son importance socio-économique dans cette région, son cycle court, sa tolérante à la sécheresse et aux maladies. Les 02 pratiques agroécologiques mise en œuvre dans ces micro parcelles sont : l’association des cultures (ici c’est l’association maïs-arachide) et l’apport d’une fumure organique de fond (ici c’est l’apport de la fiente, et apport du bio char) », fait savoir Irénée Modeste Bidima du SAILD.
Les résultats se dessinent progressivement
Les 14 et 17 Novembre 2025, les parties prenantes se sont rendues sur les lieux pour faire le suivi des sites d’expérimentation. Il était question de prendre les paramètres de la culture du maïs. « Cette visite consiste à mesurer la hauteur des plants de maïs des 3 lignes centrales. Sur un poquet de 2 plants, c’est la tige la plus haute qui est évaluée. Par la suite on fixe une petite ficelle à sa base pour ne pas la confondre avec l’autre tige lors de la prochaine prise de paramètres afin de percevoir l’effet des différents traitements administrés dans le champ. Cela permet également d’apprécier l’effet de la cinétique de libération des éléments nutritifs dans les fertilisants utilisés pendant le cycle cultural», a expliqué le Dr David Basga de l’IRAD. Selon lui, les premières observations faites à ce stade de l’évolution montrent que les parcelles d’expérimentation évoluent bien dans l’ensemble.
Les producteurs de la Société Coopérative des Producteurs de Manioc (SCOOPMAN) conduits par leur Coordonnatrice Alvine Ngo Minyem ont été sidérés par les premiers constats à mi-parcours : « Nous remarquons que les blocs ayant reçu la fiente de poules se comportent mieux ; suivi des blocs ayant reçu le biochar, et enfin les blocs d’association maïs-arachide. Tandis que les blocs témoins n’ayant reçu aucune fertilisation au départ sont moins bons» ; ont-ils déclaré.
Les expérimentations se poursuivront dans 02 semaines, au moment de la récolte des épis avec une évaluation de la biomasse produite par chaque bloc. Puis suivront les résultats détaillés de cette étude comparative des différents modes de fertilisation naturelle sur le maïs.
- Sharon Maché

