Renforcer les capacités des producteurs de farines locales

Face à la vulnérabilité alimentaire, le pari est fait sur la compétence. Un atelier sur le renforcement de capacités des artisans producteurs de farines locales en vue de structurer, qualifier et professionnaliser la filière s’est tenue du 2 au 5 décembre 2025 à Bertoua.

L’objectif est clair, faire des farines de manioc et de patate douce des alternatives crédibles au blé importé. Pour y parvenir, l’atelier organisé par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) et l’Organisation Internationale du Travail (OIT) table sur le renforcement systématique des capacités des productrices. Une vingtaine de femmes transformatrices des régions de l’Est et de l’Adamaoua ont suivi une formation intensive visant à faire passer leur savoir-faire artisanal au stade de la production standardisée et professionnelle.

« Nous accompagnons des femmes entrepreneures à avoir une filière bien organisée », explique Kevin Boucheke, Assistant technique du projet au SAILD. Cet accompagnement passe d’abord par la montée en compétences techniques. Enseigner les méthodes pour ajuster l’humidité, incorporer du gluten pour améliorer la panification, ou encore maîtriser les temps de séchage : des connaissances qui transforment la pratique quotidienne. « J’ai appris qu’on peut ajouter le gluten à notre farine de manioc pour la rendre encore plus panifiable », témoigne Madame Lene Rabiatou transformatrice manioc et patate.

Professionnaliser la filière

Au-delà de la technique, le renforcement des capacités intègre un volet crucial : la normalisation. L’atelier a démystifié les procédures de l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR). « J’ai appris que pour être aligné à la norme, on doit d’abord acheter le document de la norme », souligne Madame Mebah, présidente de la Scoop des femmes entrepreneures. Comprendre et appliquer ces standards est une étape indispensable pour accéder au marché formel et contractualiser avec les boulangers. Il s’agit de remplacer l’aléatoire par la qualité, socle de toute relation commerciale durable.

Cette formation a un but opérationnel direct : faciliter des partenariats solides entre productrices et artisans boulangers du Centre. Les tests de panification ont servi de terrain neutre pour évaluer ensemble le potentiel des farines améliorées. Le résultat est une confiance bâtie sur l’expertise. « À partir d’aujourd’hui, nous pouvons dire qu’au niveau de l’Est nous avons des fournisseurs de farine de manioc et de patates de qualité », confie  Kevin Boucheke.

Le message de l’OIT, porté par Gilles Njike Chef de Projet OIT-KOICA, encourage cette professionnalisation : « Il faut continuer, il faut persévérer et il faut diversifier ses sources. »

L’atelier de Bertoua jette ainsi les bases d’une autonomie construite sur l’expertise. En investissant dans le capital humain, ce projet trace les contours d’une résilience alimentaire établie non pas dans la simple substitution, mais dans la valeur ajoutée du savoir-faire local.

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