Plus de 70 producteurs et acteurs de l’agroécologie et de l’agriculture biologique ont pris part à la journée d’information sur la fabrication des engrais naturels. C’était le 20 février 2026 à Yaoundé.
La campagne agricole 2026 point à l’horizon. Les producteurs et acteurs de l’agroécologie et de l’agriculture biologique sont mobilisés pour la circonstance. Après avoir apprêté les espaces pour les cultures, place à la maîtrise des différentes méthodes de fabrication de biofertilisants et d’intrants de protection des plantes.
La journée d’information sur la production des engrais naturels tenue le vendredi 20 février 2026 à Yaoundé en est une illustration. Organisée par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD), elle est inscrite dans le cadre de l’extrant B du projet Pôle de Connaissances pour l’Agriculture biologique et l’agroécologie en Afrique Centrale (PCAC). Une réelle occasion d’encourager les producteurs à fabriquer eux-mêmes des biofertilisants.
Tout part d’un constat selon lequel, en matière de production agricole, la principale contrainte se trouve dans l’acquisition d’intrants pour un développement efficient des plantes. Selon Appolinaire Tétang, ingénieur agronome chargé de la diffusion des connaissances, « les terres sont aujourd’hui dégradées, il est difficile de produire sans amender les sols. Pour beaucoup, le premier recours est l’engrais chimique. Nous connaissons les difficultés en termes de coût et aléas que cela nous cause. Ces engrais chimiques sont non seulement chers mais ils ont des effets négatifs sur la qualité du produit agricole et répercussions sur la santé des populations».
Rythmée par divers exposés la rencontre a permis d’inciter les participants non seulement à produire de façon bio mais aussi de mettre à la disposition du public des intrants dont la plupart des constituants se trouvent dans notre environnement. « Ça nous réconforte de voir qu’il y a des personnes qui s’intéressent à l’agriculture durable. Cela montre qu’ils se soucient non seulement de la santé de l’homme, mais aussi de de la santé de l’environnement de production », a-t-il ajouté.
Une gamme d’intrants
Pour un fertilisant naturel complet, il faut : 15% de farine de soja, 15% de la banane mûre, 15% de fleurs marguerite, 10% d’urine de lapin, 15% d’excréments de vache, 2% de cendre, 5% de terre forestière, un filet, du récipient et de l’eau.
Dans son exposé, Julien Azombo Ella, expert en biodiversité, a donné les bienfaits de l’utilisation de ces biofertilisants. « Ces engrais naturels ont un rôle important sur la santé des plantes, celle de l’homme et la santé de l’environnement. Pour la santé des sols, ils réduisent l’apport en fer, la dégradation des sols et son PH. Ils améliorent et corrigent la structure et l’utilisation du sol ; ils augmentent la production agricole et diminuent les coûts de production. Pour la santé de l’homme, ils favorisent son épanouissement en supprimant la toxicité des produits chimiques. Ils permettent à l’homme d’éviter les problèmes de peau et de cancer. Ces biofertilisants sécurisent l’environnement », affirme l’expert.
Après les exposés, les participants ont eu droit à des séances pratiques qui leur ont permis de connaitre, d’appliquer et de fabriquer chacun un fertilisant naturel simple et efficace.
- Raïssa Fotio

