Le Salon International de l’Artisanat du Cameroun (SIARC) tenu du 27 Juillet au 05 Août 2026 était une occasion de valoriser les farines locales. Des produits dérivés de farines made in Cameroun étaient en avant, pour dévoiler les potentialités de ce secteur d’activité.
« Farines locales, une richesse, mille possibilités ! Ensemble faisons rayonner le savoir-faire camerounais« . C’est le message fièrement inscrit sur l’un des stands agroalimentaires érigés à l’esplanade du Musée national de Yaoundé. Un appel à l’action qui prend tout son sens, puisque pendant dix jours, l’objectif est de mettre en lumière les potentialités des farines locales ainsi que le savoir-faire des artisans camerounais qui les transforment. Dans ce stand, on se croirait dans une véritable boulangerie. Des artisans boulangers-pâtissiers sont à l’œuvre sous le regard des visiteurs curieux. Du pétrissage à l’enfournage, la transformation de la farine locale se fait sur place. En vitrine, une large gamme de farines de manioc, de patate, de melon et de plantain ; ainsi qu’une variété de pains, brioches, biscuits, et beignets confectionnés à partir de quelque unes de ces matières premières.
La substitution du blé en ligne de mire
Derrière cette initiative, se trouve le Service d’Appui aux Initiatives Locales de
Développement (SAILD), en collaboration avec l’Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs (ACDIC). Pour cette 9 ème édition du SIARC, les deux organisations ont réuni cinq artisans boulangers, tous lauréats du concours Bernard Njonga, meilleur artisan boulanger de pain à base de farines locales ; ainsi qu’une productrice de farines venue de la région de l’Est. « À travers cette première participation, nous voulons montrer qu’il est possible de produire un pain de qualité avec nos propres ressources. Les farines locales ont de quoi être adoptées par les boulangeries, afin de réduire progressivement la dépendance du pays aux importations de blé. À ce salon, nous allons de 20 à 30% d’incorporation de farine
de manioc et de patate dans les pains, mais jusqu’à 50% dans les brioches », explique Viviane Téguia, Responsable à l’ACDIC. Selon elle, l’engouement observé au stand confirme l’intérêt grandissant des Camerounais pour ces produits.
Des artisans en quête d’accompagnement
Au-delà de la sensibilisation du public, le salon offre des opportunités de développement.
« Même sans partenariat formel, plusieurs coopératives se sont rapprochées de nous pour envisager une collaboration autour de la production de farines locales. Les organisateurs du SIARC eux-mêmes ont démontré un intérêt en commandant des pains et viennoiseries à base de manioc et de patate pour les buffets officiels du salon », fait savoir Viviane.
Pour les artisans boulangers, le SIARC s’impose comme un espace de choix, pour mieux exprimer leur savoir-faire. Sylvain Dogmo y participe pour la première fois. Malgré la fatigue des longues journées de production, il se réjouit de l’accueil réservé aux produits. « Notre stand est idéalement placé et les productions s’enchaînent. Les visiteurs apprécient particulièrement le pain à la farine de manioc enrichi au sésame. À seulement 100 francs le morceau, ils le trouvent nourrissant et consistant », témoigne-t-il. L’artisan estime toutefois que le principal défi reste l’accès à des équipements adaptés. « Avec du matériel performant et un accompagnement financier, beaucoup d’entre nous pourraient créer de véritables unités de production de pains à base de farines locales et répondre à la demande», conclu-t-il.
Le projet porté par le SAILD et l’ACDIC prévoit par la suite, d’offrir à ces artisans des
équipements adéquats pour renforcer leurs capacités de production.
- Sharon Maché

