Le 22 juillet 2026, le SAILD a organisé un atelier de capitalisation du projet de restauration participative du paysage forestier dégradé du Parc National de Deng Deng à Bertoua, région de l’Est. Il était question de présenter les principales réalisations du projet, les résultats obtenus et les changements observés au niveau des communautés et du parc.
10 000 arbres plantés, 41 hectares de terres restaurés, plus de 03 techniques de production agroécologiques introduites et 90 ménages équipés. C’est le bilan chiffré du projet de restauration participative du paysage forestier dégradé du Parc National de Deng Deng (PNDD), présenté lors de l’atelier de clôture à Bertoua. Financée par l’initiative IKI Small Grant de la Coopération allemande GIZ ; et mise en œuvre par le SAILD depuis juillet 2024, cette initiative a réuni les autorités administratives et sectorielles (du MINFOF, MINADER, MINDEP), le service de conservation, les communautés locales et les chefs traditionnels pour sceller deux ans d’efforts dans les villages Hona, Mansa et Kombocassi, de l’arrondissement de Belabo.
Concilier restauration et économie
Face à la déforestation, aux feux de brousse issus de l’agriculture sur brûlis et au braconnage qui menaçaient le parc, le SAILD a misé sur une approche conciliant restauration et économie. « Quand on parle de protection de la forêt, c’est souvent au détriment des moyens de subsistance des populations », explique Aristide Tchounkeu, chef de projet au SAILD. « Nous avons introduit des formations pratiques en agroécologie et agroforesterie, avec l’introduction des plants d’arbres fruitiers et forestiers pour amener les bénéficiaires à protéger leur environnement tout en garantissant leur sécurité alimentaire», poursuit-il. Au total, 152 producteurs ont maîtrisé de nouvelles techniques agricoles durables.
Sur le terrain, les résultats s’avèrent concrets. Jerry Mbi Kirensky, conservateur du PNDD, témoigne d’un changement de paradigme : « Nous observons une réduction de la déforestation et un net changement de comportement. Les populations vont de moins en moins autour du parc et participent à la restauration des espaces forestiers dégradés pour avoir de quoi vivre. Il n’y a plus de destruction anarchique des forêts et la chasse recule. La communauté autrefois habituée à chasser et vendre a compris que l’agriculture durable génère plus de revenus », avoue-t-il.


Pérenniser la dynamique du projet
L’atelier de Bertoua a débouché sur des pistes claires pour l’avenir. Les participants ont saisi l’occasion pour tabler sur les actions à mener afin de poursuivre la restauration malgré la fin du projet. Ils préconisent un relais technique par l’administration, notamment la délégation départementale du MINADER et la création de comités de suivi villageois dans chaque village. Pour maximiser les bénéfices financiers futurs, la structuration des producteurs en coopératives est fortement envisagée afin de faciliter les ventes groupées sur les marchés.
Séduites par ce succès, les autorités locales plaident déjà pour une extension des activités du SAILD à d’autres villages riverains du Parc de Deng Deng qui rencontrent le même problème.
- Sharon Maché

