Les journées de la Cosmétopée organisées du 09 au 11 septembre 2025 dans la ville de Yaoundé, ont permis de mettre en avant les ressources naturelles du Bassin du Congo et de rappeler leurs atouts dans l’industrie cosmétique locale.
Plus de 70% des cosmétiques vendus au Cameroun viennent des pays étrangers. Le secteur
des cosmétiques national ne couvre que 30%. Pour changer la donne, le pays a accueilli la
première édition des journées de la Cosmétopée, initiée par le Service d’Appui aux Initiatives
Locales de Développement (SAILD) en partenariat avec l’Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs (ACDIC). Parrainé par le Ministère des Arts et de la Culture (MINAC),
l’évènement avait pour thème « Utilisation des plantes locales dans l’industrie cosmétique :
savoirs endogènes, savoirs exogènes et biodiversité du Bassin du Congo«
Pour le représentant du MINAC présent, la cosmétopée est un terrain fertile de promotion des ressources naturelles : « De par ses missions régaliennes, dont la valorisation de la pharmacopée végétale, des usages traditionnels de la beauté, le ministère est heureux d’accompagner les journées de la cosmétopée afin que les créateurs ou les artisans dans ce secteur aient le soutien des pouvoirs publics. Il y’a des expertises qui permettront de faire des recommandations afin que des mesures soient prises pour la valorisation, la promotion des arts traditionnels liés à la beauté et à l’exploitation du couvert végétal », a déclaré Valère Oyono Bitounou, Inspecteur numéro 1 au MINAC.






Trois jours de découvertes
La rencontre a réuni divers acteurs, parmi lesquels des experts, des chercheurs, des
représentants de communautés locales et d’organisations de la société civile, des praticiens et
des membres d’administrations. Les conférences tenues sur deux jours ont permis d’édifier les parties prenantes sur les opportunités qu’offre l’industrie cosmétique locale, les potentialités des ressources naturelles des forêts du Bassin du Congo et des savoirs traditionnels dans la filière cosmétique. En plus des moyens de concilier les savoirs traditionnels aux savoirs scientifiques, les valeurs économiques des produits forestiers non ligneux et leur apport aux communautés sont les points qui ont également été abordés.









La 3ème journée de la Cosmétopée était un moment de partage des savoir-faire locaux à travers les ateliers pratiques de fabrication et les stands-exposition des cosmétiques naturels. L’on pouvait voir entre autres des parfums aux senteurs locales (ananas, café, cannelle) ; des savons de toilettes (beurre de karité, carotte, avocat), des laits corporels (à l’aloès vera, curcuma, miel), des masques facials (au souchet, soja, baobab) et des soins capillaires (lait au lin, ricin, neem ; masque au beurre de mangue, moringa, romarin…).
Bernadette Ondobo venue de la localité de Mintom dans le Sud, se réjouit de sa participation :
« Je suis la représentante de la Société Coopérative des Produits Forestiers Non Ligneux de Mintom. Je rentre de ces trois journées de la cosmétopée avec beaucoup d’acquis. J’ai trouvé des acteurs de cosmétiques naturels qui redonnent espoir. Je sais aujourd’hui qu’on peut
travailler et avoir des débouchés dans ce secteur. Suite aux échanges avec les différents intervenants, j’ai compris qu’autour de nous, nous avons des plantes qui peuvent nous être utiles dans les cosmétiques que nous fabriquons. Je peux désormais fabriquer le savon, le baume à lèvre et le parfum solide à la maison pour ma famille naturellement grâce aux formations reçues ici», a-t-elle confié. Sur le chemin de l’émergence, la cosmétopée du Bassin du Congo souhaite ainsi dominer l’industrie cosmétique camerounaise.
- Sharon Maché

La Cosmétopée est l’inventaire des plantes et de leurs usages traditionnels dans la fabrication de produits cosmétiques et de bien-être. Elle vise à recenser et à valoriser les ressources naturelles du Bassin du Congo pour promouvoir la préservation de la biodiversité et le développement durable. Ainsi, les journées de la cosmétopée interviennent dans un projet de médiation consistant à rendre les produits forestiers non ligneux plus attrayants dans nos produits cosmétiques. Nous travaillons avec les communautés proches du Parc National de Deng Deng, pour trouver un moyen de concilier les connaissances traditionnelles aux savoirs scientifiques afin que ces communautés puissent passer de l’entrepreneuriat de subsistance à l’entrepreneuriat de croissance, notamment avec la transformation et la commercialisation de ces produits non ligneux. C’est l’occasion de les mettre en contact avec les acteurs de la filière cosmétique qui ont besoin d’intrants.
Franck Ndjodo, environnementaliste au SAILD


